Usines et Résistance de la région lyonnaise

BRONZAVIA

 

 

 

LES ACIERIES DU RHONE

 

Sur l'emplacement du lycée Martinière se trouvait la fonderie « Aciéries du Rhône » avant la deuxième guerre mondiale et quelques années plus tard. La production consistait à fabriquer des pièces en acier brut pour les chantiers navals et ferroviaires.

Après la défaite de 1940, la production de cette entreprise fut affectée au service de l'Allemagne nazie. Elle se spécialisa dans la fabrication des tourelles et chenilles pour chars de combat.

Parmi le personnel ouvrier (200 environ) avec un fort pourcentage d'immigrés, se constitua un noyau de Résistants.

Un premier sabotage de l'usine eue lieu le 2 janvier 44. Puis, Le 2 mars 44 sur les renseignements fournis par les résistants de l'usine, un détachement Carmagnole M.O.I. occupant durant la nuit l'entreprise. :

 

"Ce jour-là, vers 21 heures, pour respecter le couvre-feu instauré par Vichy, de 22 heures à 6 heures du matin, 23 résistants de la M.~.I. se mirent en marche vers les «Les Aciéries du Rhône». En formation par deux, par trois sur les trottoirs de la rue Antoine Lumière, mal éclairée, un atout supplémentaire pour ces «ombres de la nuit». Les engins explosifs étaient répartis dans cinq sacs tyroliens portés par les saboteurs attitrés, sous les ordres de Martin et de moi-même car nous connaissions les lieux, les seuls d'ailleurs avec des cagoules pour ne pas être reconnus.

L'attaque, la neutralisation de la conciergerie et des ouvriers travaillant en équipe se déroulèrent sans incident. Le concierge fut consigné dans sa loge, gardé par 2 F.T.P. tandis que les ouvriers étaient retenus dans les vestiaires par 4 autres F.T.P. Les saboteurs commencèrent leur travail, plaçant les engins explosifs dans les machines et le matériel de production. Le convertisseur, c'est à dire I'unité de base, fut particulièrement touché, ainsi qu'une machine suisse «Vélébrator». La salle des compresseurs détruite, ainsi que deux ensembles de compression. Furent rendus inutilisables des machines à mouler, des meules, le pont roulant effondré sur les moules, les 4 cabines de sablage, les fours..." (témoignage de Balthasar Sanchez

membre de Carmagnole - Liberté. ANACR. Le Résistant du Rhône décembre 1995

 

Mais les ouvriers sont aussi victimes des représailles.

La fonderie resta paralysée pendant 15 jours et ne tourna qu'à 25% pendant deux mois. Malheureusement, le lendemain était jour de paye. Tous les ouvriers de l'équipe du soir qui se présentèrent pour toucher leur salaire furent arrêtés par la Gestapo, internés au fort Montluc, puis déportés en Allemagne.

Des 33 ouvriers déportés, 20 succombèrent dans les camps, 12 périrent noyés en mer du Nord, dans le bateau coulé intentionnellement par les nazis. Le seul survivant mourut pour avoir trop mangé dans l'hôpital où il était soigné »

 

d'après le récit de Pierre Ferra FTP Carmagnole M.O.I, Combattant volontaire de la Résistance, Blessé de guerre -Médaille Militaire,  Croix du Combattant Volontaire Médaillé de la ville de Lyon.

en 2009, sur sa demande une plaque a été apposée sur l'école de la Martinière. 

 



Sabotage de l’usine Coignet

Dans la soirée du 30 avril 1944, avant l’heure du couvre-feu, 40 FTP du bataillon Carmagnole investissent de l’usine de produits chimiques Coignet dans le quartier de Monplaisir la plaine.

L’occupation de l’usine s’effectue simultanément par l’avenue Viviani, la route d’Heyrieux, la rue Stéphane Coignet, pour éviter toute fuite de personnel qui aurait pu donner l’alerte à la police de Vichy ou aux Allemands.

Les gardes sont désarmés, l’entreprise est entre nos mains et le personnel est rassemblé à l’intérieur des bureaux. Le commandant Roman explique que nous sommes des patriotesFTP et indique que notre seul objectif est de détruire le stock de phosphore, les matières premières, les installations de fabrication.

L’équipe de sabotage se met au travail, plaçant, de 23h00 à 5h30 du matin, des charges d’explosifs aux points névralgiques.

Dans la nuit a lieu une alerte aérienne, et une partie de la population du quartier se réfugie dans les abris refuges de l’usine. A ses habitants surpris de trouver des gens en armes qui les laissent entrer mes pas ressortir, nous devons à nouveau expliquer les raisons de notre présence en armes. Nous précisons que toute sortie avant notre départ équivaut à un arrêt de mort.

A 5h45, la mise à feu à retardement des explosifs est terminée, le téléphone coupé.

A 6h00 nous nous replions suivant nos méthodes de combat et de repli, en donnant l’ordre au personnel : interdiction de sortir sous peine d’être abattu par nos tireurs montant la garde à l’extérieur.

A 6h15 les explosions se succèdent à intervalles de quelques secondes, les explosifs détruisant les stocks de phosphore, les matières premières, les installations, dans un nuage de fumée impressionnant.

Le groupe a rempli une mission sans perte de vies humaines, alors qu’un bombardement pour atteindre cet objectif aurait fait des dizaines de morts, des blessés et causé la destruction des immeubles alentour.

rapport rédigé par un camarade ayant participé à l'action


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