la prison MONTLUC

LA PRISON MONTLUC de 1939 à 2009

 

Septembre 1939 - novembre 1942

 

Dès janvier 1940, à la suite de l'interdiction du Parti communiste français en sept 1939, des militants y sont incarcérés aux cotés  de militaires purgeant des peines pour refus d'obéissance ou délit mineur.

la prison abrite également des détenus de droit commun emprisonnés pour vol, proxénétisme  et enfin marché noir. Petit à petit la prison se remplit sans pour autant atteindre la saturation des cellules. on y trouve des gaullistes,  des  condamnés pour distribution de tracts, tenue de propos défaitistes ainsi que de tout agissement pouvant se rapporter à des actes de Résistance

 

Novembre 1942 - aôut 1944

 

En novembre 1942  la zone sud est envahie et Lyon passe sous occupation allemande, la Wehrmacht prend le contrôle de la prison et, les lois promulguées en 1940 par l'Allemagne le lui permettant elle sert à interner des résistants, des juifs, des otages, en attendant de les déporter la police de Vichy ne peut y pénétrer que pour enlever les corps.

A partir de ce moment la surpopulation ne cesse de s'aggraver.les détenus sont entassés à sept ou huit dans des cellules de 4 m²,  le réfectoire et le magasin sont  transformés en espace de détention ainsi qu'une cabane en bois (dite cabane aux juifs) construite dans la cour.( d'après le fonds Montluc des archives départementales qui est constitué de 8968 fiches individuelles, les récits et témoignages des rescapés permettent de penser que plus de 9000 personnes y furent enfermées)*

le manque d'hygiène est criant, les parasites pullulent, les soins médicaux sont inexistants. les prisonniers ne disposent que de très peu de nourriture.

les journées sont rythmées par l'appel des prisonniers convoqués aux interrogatoires qui ont lieu dans les caves de la prison ou dans les locaux de la gestapo, et,  au cours desquels la torture est presque systématique.

il y a aussi les appels "avec ou sans bagages" avec c'est la déportation, sans c'est l'éxécution.

Seul l'espoir et les liens fragiles avec l'extérieur permettent aux internés de ne pas sombrer dans le désespoir.

Les juifs y connaissent des conditions de détention encore plus dures, la prison sert de lieu d'internement avant le transfert vers Drancy, ils sont victimes encore plus que les autres détenus d'humiliation et de brimades. A l'été 1944, ils seront nombreux à être fusillés dans les environs de Lyon avec les détenus non juifs.

Un ultime convoi partira de Lyon le 11 août 1944,  avec plus de 600 détenus dont 400 juifs, ils mettra onze jours pour arriver au camp d' Auschwitz-Birkenau.

le 21 août 1944 au Fort de Côte-Lorette à ST Genis Laval, se sont les corps de 120 prisonniers de Montluc qu'on retrouve, odieusement massacrés, le 23 août, des résistants extraits de Montluc sont fusillés dans les locaux de la gestapo, 35 pl. Bellecour

le 24 , les groupes francs prennent position autour de la prison, le commandant de la prison Boesche, accepte de quitter la prison avec ses hommes. le drapeau tricolore flotte dès le 25 août sur la terrasse.

 

 

Septembre 1944- 2009

 

C'est au tour des collaborateurs en attente de comparution devant le Comité chargé de l'épuration , d'y être incarcérés.

. en novembre 1944, Les bâtiments sont rendus à l'administration militaire

En 1954 la prison abrite toujours d'anciens collaborateurs et des membres de la gestapo en attente de jugement.

De 1954 à 1962 ce sont les partisans de la cause algérienne qui sont là  pour des peines d'emprisonnement et de travaux forcés, et pour certains exécutés.

la prison accueille ensuite différentes populations carcérales (en particulier des objecteurs de conscience et des femmes) 

en février 2009, le site est désaffecté.

 

 

*Bruno Permezel, Montluc, Antichambre de l'inconnu (1942-1944) editions BGA Permezel


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