Le 27 mai - Journée officielle de la Résistance

 

le 9 juillet 2013, à 23 h 30, l'Assemblée Nationale unanime a voté la Proposituion de loi instaurant une JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE LE 27 MAI

 

 

MESSAGE de LOUIS CORTOT POUR

LA JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE, LE 27 MAI

 

Il y a 71 ans, le 27 mai 1943, dans Paris occupé depuis près de trois ans, quadrillé par l’armée nazie avec le concours des forces de répression du régime collaborateur avec l’occupant que présidait Pétain, et sur les murs duquel, comme sur ceux d’autres  villes de France, étaient avec une sinistre régularité apposées des affiches bilingues annonçant l’exécution de patriotes que désormais la population appelait les Résistants, les représentants de huit mouvements de Résistance, de six partis politiques résistants et des deux centrales syndicales clandestines se réunissaient, 48 rue du Four, autour de

Jean Moulin, initiateur de la rencontre qu’il présida.

 

Même si ses participants n’en avaient pas alors pleinement conscience, ils vivaient un moment historique : à l’issue de cette réunion allait naitre sous la présidence de Jean Moulin, le Conseil National de la Résistance.

 

C’était là un événement de portée considérable puisqu’il coordonnait dans le combat commun toutes les forces de la Résistance jusque-là dispersées, ouvrant ainsi la

voie à l’unification au sein des FFI des différentes structures militaires de la Résistance, conduire à l’élaboration du Programme du Conseil National de la Résistance.

 

Evénement de portée considérable puisque, lors de sa réunion constitutive, le CNR en se plaçant sous l’autorité du Comité National Français présidé par le Général de Gaulle,

allait lui permettre de s’affirmer comme le représentant de l’ensemble de la France Combattante, tant sur le sol national occupé que sur tous les théâtres d’opération où s’illustraient aux côtés des Alliés les Français libres.

 

Patriotisme, humanisme, idéaux démocratiques et aspiration à un monde juste et en paix furent les valeurs qui, sur le sol national occupé, motivèrent l’engagement au péril – et souvent au sacrifice – de leur vie des Résistantes et des Résistants dans le combat contre l’occupant nazi et le régime pétainiste complice de ses crimes. Combat convergeant avec celui des Français Libres et prenant sa place dans la lutte des peuples et des forces alliées contre la barbarie génocidaire et liberticide.

 

Patriotisme, humanisme, idéaux démocratiques et aspiration à un monde juste et en paix furent aussi les valeurs inspiratrices du Programme du Conseil National de la Résistance qui dessina les contours d’une France rénovée après sa libération, d’une France démocratique sur les plans politique, économique et social, d’une France solidaire.

Programme dont la mise en place à la Libération par le Gouvernement présidé par le général de Gaulle de nombre des mesures qu’il préconisait permit de redresser économiquement la France, d’affirmer son indépendance nationale, d’approfondir sa vie démocratique en même temps que des avancées qui forment encore aujourd’hui le socle de notre protection sociale malgré leurs remises en cause qui s’accentuent.

 

Ces valeurs pour lesquelles luttèrent les Résistants et cette aspiration dont ils furent porteurs restent plus que jamais d’actualité soixante-neuf ans après la victoire le 8 mai 1945 des peuples et des armées alliées sur la barbarie du nazisme et des fascismes. Car le monde contemporain connait toujours la guerre, l’oppression, le racisme, les discriminations et épurations ethniques, les persécutions religieuses, le sous-développement social et culturel de populations entières.

Les héritiers des idéologies criminelles vaincues en 1945 relèvent la tête et retrouvent une audience à la faveur des crises que connaissent nos sociétés et le monde, dans notre pays la xénophobie contamine nombre de discours politiques,

 

C’est pour assurer la nécessaire transmission aux jeunes générations de ces valeurs et de cette aspiration, pour répondre à leur besoin de connaissance, de repères et de mémoire que, depuis 1988, l’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance, l’ANACR, rejointe par d’autres Associations du Monde Combattant et appuyée par l’UFAC, a demandé l’instauration d’une Journée Nationale de la Résistance le 27 mai.  Journée devant être un moment privilégié du passage de cette mémoire en même temps que d’hommage à la place de la Résistance dans l’histoire contemporaine de notre pays, aux Résistantes et Résistants tombés pour sa liberté.

 

Le 19 juillet 2013, M. le Président de la République promulguait la loi l’instaurant, votée par le Sénat et l’Assemblée Nationale. Ce 27 mai 2014 est donc pour la première fois célébrée de manière officielle par la Nation la Journée Nationale de la Résistance. Faisons ensemble de ce jour un grand moment d’évocation de la mémoire des combats de la Résistance et de passage de ses valeurs.

 

Louis CORTOT

Président de l’ANACR

Compagnon de la Libération

 


Intervention de Roger Gaget

co-Président ANACR - 69

Résistant  - maquis de l'Ain et du Haut Jura

 

ANNIVERSAIRE DU 27 MAI 1943

LE 27 MAI 2013  A VENISSIEUX

 

Aujourd'hui, il y a 70 ans, le 27 mai 1943, dans un appartement 48, rue Dufour à PARIS qui appartenait à M. René Colin, se réunissaient, sous la présidence de Jean Moulin, 8 mouvements de résistance, les représentants des syndicats CGT et CFTC ainsi que les représentants des partis politiques qui n'avaient pas acceptés l'armistice de Pétain. C'est à l'unanimité, de ces participants, que fut crée le Comité National de la Résistance.

 

C'est ainsi, que toutes les forces vives contre l'occupant permettaient à Charles De Gaulle, de devenir le chef incontesté de la résistance auprès de nos alliés, sa légitimité étant jusqu'alors plus ou moins reconnue.

 

Le général Delestraint fut nommé responsable des actions de la résistance. Quelques jours après, il fut arrêté à Paris par les forces d'occupation. Jean Moulin provoqua le 21 juin  une réunion des responsables du CNR, pour désigner un successeur,  Cette réunion devant se tenir à Caluire dans la maison du Docteur Dugoujon. Malheureusement, sur dénonciation, la gestapo qui avait eu vent de la réunion, sous la direction de Barbie investit les lieux et captura Jean Moulin et les participants de cette réunion. Barbie n'ignorait pas qu'il détenait le responsable de la résistance parmi les personnes arrêtées.

 

Bien entendu, tous furent ignoblement torturés, Barbie savait que le chef de la résistance avait comme pseudonyme, le nom de Rex, sans savoir lequel des inculpés en était porteur. Rex, malgré les tortures poussées à l’extrême, ne dévoila aucune information sur les secrets qu'il détenait. De guerre lasse, Barbie expédia Rex à Berlin via Paris. Jean Moulin mourut de ses tortures lors du voyage.

 

La résistance intérieure, à qui la personnalité de Jean Moulin, a su imprimer en 18 mois, une marque indélébile, ne sera plus jamais ce qu'elle fut, sans Jean Moulin.

 

Fort légitiment, Jean Moulin repose au Panthéon, depuis le 19 décembre 1944.

 

Sa mort ouvrit une période de tourmentes et de turbulences.

Malgré tout, le CNR sut rassembler ses forces et créer pour l'avenir un programme social finalisé le 15 mars 1944.

Il apportait entre autres, le droit au travail et au repos, un syndicalisme indépendant, la sécurité de l'emploi, la création de la sécurité sociale visant à assurer une protection contre la maladie, une retraite permettant aux vieux travailleurs de vivre dignement, la possibilité pour tous les enfants de milieu modeste d'accéder aux hautes études, la maîtrise de la finance des banques au service du peuple, la création des Comités d'entreprise ect... un 2e volet concernait la libération du territoire -avec un plan d’action immédiate contre l’occupant et contre les autorités de Vichy et les- mesures à appliquer dès la libération du territoire

 

La création des comités locaux de la libération, dans chaque village et ville, permettra d'assurer un fonctionnement normal des institutions, ainsi que la nomination de commissaires du peuple en remplacement des Préfets ayant servis le régime de Pétain, dès le départ de l'occupant.

 

Nous vivons actuellement sur les bienfaits du plan social qui est parfois malmené par les forces réactionnaires, en particulier le patronat, sous prétexte de la situation économique que nous subissons, a l'objectif de détruire le plan social du CNR  au bénéfice d'un libéralisme néfaste à la cause du monde du travail.

 

Depuis de nombreuses années, nous réclamons la reconnaissance du 27 mai, comme journée nationale de la Résistance sans obtenir jusqu'alors satisfaction.

 

Le 27 mai sera, avec l'appel de De Gaulle du 18 juin 1940, le symbole de l'unité française permettant, sur l'échiquier mondial, d'être reconnu comme grande puissance, ayant effacé la honte de la capitulation de 1940 devant les forces nazies.

 

Néanmoins, les éléments néo-nazis se font jour dans l'Europe du nord, qui comme Hitler l'a fait en son temps,  participent à des gouvernements par des moyens légaux.

 

Des éléments fascistes se font jour légalement en France et en particulier dans notre région, en demandant la réhabilitation du traître Pétain. C'est pourquoi, une association telle que l'ANACR, et des amis de la résistance avec d'autres associations s'élèvent contre cet état de fait. L'ANACR, pluraliste dans sa formation, appelle tous les hommes et femmes qui approuvent le programme du CNR, à la rejoindre.

 

Réjouissons-nous que le Sénat, dans sa presque unanimité, a adopté une proposition de Loi accordant le 27 mai comme journée nationale de la résistance. Il est évident qu'elle le sera par la Chambre des Députés. Monsieur le Ministre délégué auprès du Ministère de la Défense, par sa présence au Sénat, apporta la caution du gouvernement.

 

Depuis de nombreuses années, des Députés et Sénateurs, de notre région, en particulier Guy Fischer, ici présent, avait déposé au nom du groupe CRC, le 28 octobre 2007, une proposition de Loi, instituant le 27 mai, comme journée nationale de la Résistance, hélas sans succès.

 

Chers amis, que ce 27 mai soit un jour de joie, de solidarité, en restant unis, à notre devoir de mémoire et à la sauvegarde des acquis du CNR. Nous sommes régulièrement en contact, en particulier dans les écoles, avec cette jeunesse de garçons et de filles, avides de connaître cette partie de notre existence, qui fut un des plus grands drames de tous les temps, et connaître avec intérêt, le rôle de notre peuple pour conquérir sa liberté.

 

Éduquons cette jeunesse de garçons et de filles qui porteront, après nous, très haut ces valeurs qui ont permis à notre pays, de renaître dans la dignité, l'honneur et la liberté.


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