La bataille de Pusignan

Une page d'histoire : la bataille de Pusignan
Août 1944, la libération est proche. Depuis le débarquement du 6 juin en Normandie, puis du 15 août en Provence, la Résistance intensifie son action et les représailles des Allemands sont sanglantes.
La bataille de Pusignan s'inscrit .dans le cadre des combats de la libération de l'est lyonnais et de Lyon et surtout dans la continuité de l'insurrection de Villeurbanne.


Le 27 août 1944, quatre-vingt FTP-MOl issus principalement du « Bataillon CARMAGNOLE », commandés par Henri KRISCHER dit «capitaine LAMIRAL» se replient sur Villeurbanne après un violent accrochage avec des troupes allemandes.
Les Villeurbannais, préparés depuis longtemps par le travail de la Résistance à l'action pour la libération, croyant à une arrivée massive des maquis, déclenchent l'insurrection de Villeurbanne. Plusieurs centaines de personnes se joignent spontanément aux Résistants. Surpris par ce mouvement  imprévu, les FTP décident alors de rassembler le Comité de Libération à la mairie et distribuent des armes.
Trois jours plus tard, les Allemands pour qui il est indispensable de tenir Villeurbanne afin de protéger la remontée de leurs troupes depuis le midi de la France, passent à l'attaque. Pour protéger la population de représailles, les insurgés sont contraints de négocier leur retrait.
Dans le même temps, le commandant SARROGLIA des maquis d' Aiguebellette ayant appris le soulèvement de Villeurbanne, met sa compagnie en route et fait jonction avec les hommes repliés du bataillon CARMAGNOLE à Pont de Cheruy. Ensemble
ils constituent le bataillon Henri BARBUSSE .
 " Le 31 août à 6h30 du matin le bataillon se met en route pour Villeurbanne. D'un effectif d'environ 150 hommes et femmes, nous sommes éqwpes avec un armement
hétéroclite :fusils, mitraillettes, révolvers, pistolets, grenades à main, bombe Gamon (grenade) et fusils mitrailleurs. Les hommes sont comme les armes, de diverses nationalités : Espagnols, Italiens, Français, Polonais, Arméniens et autres,
de divers horizons sociaux et religieux. Ils sont à l'image du visage de la France ouvrière de l'époque.
» (1)


Arrivés à Pusignan, les hommes de la voiture de tête se heurtent à une petite patrouille allemande qui parvient à prendre la fuite.
« En charge de l'opération, le commandant SARRDGLIA fait immédiatement prendre au bataillon des positions de combat. Les hommes se déploient dans les champs de chaque côté de la route ... Soudain le combat s'engage par un échange de feu nourri ... Rapidement la puissance de feu nous cloue au sol car cette patrouille allemande dispose d'environ 2000 hommes, de blindés légers et de canons antichars ! » (1}

«Nous eûmes à soutenir un combat difficile : d'une part les Allemands étaient sur les hauteurs de Pusignan et nous en plaine rase, d'autre part nous n'avions en dehors des fusils que deux FM (fusils mitrailleurs) et un mortier, alors qu'euxavaiçent des canons, des mitrailleuses (2)

 Néanmoins les hommes du bataillon Henri BARBUSSE tiennent toute la matinée, attendant l'aide réclamée aux Américains en poste à Crémieu, aide par deux fois refusée puis soumise à la condition d'un bombardement préalable de Janneyrias.
Cette condition est bien entendue refusée par les FTP soucieux de protéger les populations civiles. Le bataillon se regroupe donc à la ferme BARGE à Pont de Cheruy.
Le répit est de courte durée. La bataille engagée entre les Américains partis de Charvieu sans prévenir et les troupes allemandes oblige le groupe à se replier sur Passieu . «Chose incroyable une de nos voiture y fut mitraillée par l'aviation américaine : un FTP, le camarade TORRALBA, fut ainsi tué par les balles alliées.» (2) 

La bataille a fait une trentaine de blessés et 21 morts dans les rangs des Résistants qui ont été inhumés au cimetière de Villeurbanne le 5 septembre 1944.


(1)Paul etJean, Résistants de Villeurbanne
Jean BATH lAS - Editions BGA PERMEZEL


{2} Récit de B. SAROG LIA - Commandant
du bataillon FTPF Henri BARBUSSE


 

   Baptiste SAROGLA dit « Luc » 03/09/1904- 08/08/1991
   Réfugié pol itique italien, ouvrier métallurgiste villeurbannais, militant           communiste, combattant des Brigades Internationales.
  Mobilisé en mai 1940 et sur le front de la Somme. En août 1940, il est    incarcéré à la prison Montluc pour désertion et activités anti-nationales.  faute de preuves, il est relâché deux mois plus tard. Il noue alors des    contacts avec la Résistance et en 1943 il
 intègre un collectif de direction chargé de recruter et organiser les FTP à  Villeurbanne.
  Responsable du maquis d'Aiguebelette depuis début 1944, il prend part  avec le bataillon Henri BARBUSSE aux combats de Pusignan et à la  libération de Villeurbanne.
  A la tête de 150 hommes il pénètre le 2 septembre 1944 avec les troupes  alliées dans Décines et Villeurbanne.
(D 'après « Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours" Bruno PERMEZEL)

 


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