Marguerite Buffard-Flavien



Le 13 juin 1944, un corps s'écrase sur le trottoir au pied du siège de la milice,
rue Sainte-Hélène à l'angle de l'impasse Cathelin. Marguerite Flavien a été défenestrée.
Volontairement, par crainte de parler sous la torture, ou par la sauvagerie des tortionnaires ne pouvant obtenir d'elle les réponses qu'ils attendaient. La
première des possibilités semble  la plus plausible. Qu'importe! Ce sont bien ses tortionnaires qui sont à l'origine du crime.


Marguerite Buffard, d'origine jurassienne, est sortie major de l'École normale supérieure de Sèvres, agrégée de littérature et de philosophie. Aux événements de 1934 "marche des factieux sur le parlement", elle est déléguée par ses camarades pour remettre au ministre de l'intérieur une motion de protestation. En 1935, elle est nommée professeur à Colmar puis à Caen. Elle adhère au parti communiste français et assure la responsabilité de secrétaire de la fédération du Calvados. Son activité déplaît au rectorat: elle est déplacée d'office à Grenoble, puis dans un lycée de Troyes après avoir manifesté contre les accords de Munich (1938).
À Troyes, elle épouse Jean Flavien en août 1939. Ce dernier, petit exploitant agricole, militant au syndicat des paysans, était aussi un responsable communiste. Il est mobilisé le trois septembre 1939. Parce que communiste, Marguerite Flavien est révoquée de l'éducation nationale par Édouard Daladier. Elle devient ouvrière dansune bonneterie de Troyes et participe à l'exploitation agricole de la famille Flavien.
Suspectée d'être un agent de la 111 8 internationale, elle est arrêtée en mai 1942 à
Dijon, relâchée, puis de nouveau interpellée et incarcérée à Troyes. Internée au camp de Lalande près de Tours, puis transférée à Mérignac (Gironde) d'où elle réussit à s'évader, elle regagne Paris en décembre 1943 où elle trouve un emploi dans une compagnie d'assurances. Elle reprend contact avec la résistance et entre aux FTPF avec qui elle participe aux actions de son groupe. En avril 1944, elle est envoyée en mission à Lyon, à l'état-major FTPF. Sur dénonciation d'un des agents de liaison, elle est arrêtée le 10 juin 1944 (le dénonciateur sera fusillé en 1946). Et le 13 juin ce sera le drame.

À Troyes, une avenue porte le nom: Flavien-Buffard "martyre de la résistance"
1912-1944.
Le 14 juillet 1949, dans le hall d'honneur du lycée de jeunes filles, une plaquette est inaugurée à la mémoire des professeurs et anciens élèves victimes de la guerre 1939-1945, y figure le nom de Marguerite Flavien.
Retenons ce bel hommage que lui a rendu Paul Langevin, son professeur à l'École
normale supérieure de Sèvres : "la haute culture intellectuelle qu'elle avait reçue, non seulement ne l'avait pas éloignée, comme il arrive souvent, du souci de la justice, de la liberté auxquelles elle a consacré, puis sacrifié sa vie, mais lui avait permis de comprendre plus clairement la nécessité, pour travailler de manière efficace à la réalisa tion de son idéal, d'unir la pensée et l'action."


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