Les immigrés dans la Résistance

CARMAGNOLE - LIBERTE

On a souvent négligé l’importance de la participation des immigrés à la résistance pourtant, les premiers éléments du futur détachement CARMAGNOLE ont été organisées à Lyon en juin 1942. Au début de 1943, les effectifs ayant augmenté, des camarades furent envoyés à Grenoble où ils formèrent le détachement LIBERTE.

Ces détachements qui devinrent par la suite bataillons, était composés de combattants de diverses nationalités. Ces combattants ne s’étaient pas rencontrés par hasard. Pour expliquer la formation de ces unités, il faut remonter à Leur lointaine origine : la M.O.I., ou Main-d’Œuvre Immigrée.

La M.O.I. a été créé par le Parti Communiste après la première guerre mondiale. Elle regroupait les travailleurs étrangers qui affluaient en France où manquait sévèrement la main-d’œuvre. Ces travailleurs étaient organisés en «groupe de langues» qui se renforcèrent par l’arrivée des émigrés politiques des divers pays d’Europe où se développait le fascisme. En 1930 la France compte environ 3 million et Demi d’immigrés.

La première immigration apportant en France a été celle des arméniens « particulièrement dans la région lyonnaise » qui fuyaient le génocide perpétré par les turcs. La seconde a été l’immigration économique espagnole. Puis, on a assisté à l’arrivée massive des polonais comme ouvrier agricole et mineurs. Ces mineurs polonais qui, plus tard à Saint-pierre La Palud, approvisionnerons en explosifs le détachement CARMAGNOLE. Dans les années 20 arrivèrent les juifs d’Europe centrale qui venait en France soit pour des raisons économiques ou politiques, soit pour fuir l’antisémitisme. Après l’arrivée de Mussolini au pouvoir des communistes et démocrates italiens quittèrent leur pays pour se réfugier en France. Entre les deux guerres, le nombre de jeunes juifs à (polonais, roumains, hongrois, le yougoslaves, ect) venaient faire leurs études supérieures en France pour échapper au « numerus clausus » existant dans leur pays. En 1933, Hitler au pouvoir, ce sont les communistes et les juifs allemands qui arrivent en France puis, quelques temps après, ceux d’Autriche et de Tchécoslovaquie. Enfin, se fit le tour des républicains espagnols.

Pourquoi cet afflux vers la France ? Certes, la guerre lui avait coûté 1 million et demi de morts ; mais, outre le besoin de main-d’œuvre étrangère, la France était traditionnellement une «  terre d’asile » pour tous les persécutés. Il y eut cependant des exceptions : dans les années 30, en particulier sur le gouvernement de Laval, les immigrés qui militait dans les organisations démocratique de gauche était arrêté, emprisonné, ou expulsés et ; les réfugiés espagnols furent internés en 1939, enfin et cela fut lourd de conséquence, les premières lois anti-juives furent promulguées en 1940 par le Gouvernement De Vichy sans même que les allemands l’aient exigé. Cependant il faut reconnaître que puis le 19e siècle, la France a toujours accueilli sans limitation les immigrés politiques

La plupart de ces immigrés arrivaient en France sans papiers, sans connaître la langue, sans moyens d’existence. La M.O.I. apporter son aide aux nouveaux arrivants et organisait la majorité de ces immigrés dans la lutte antifasciste.

La défaite de 1940 ayant créé des conditions et des difficultés nouvelles, les éléments les plus conscients des groupes de langues M.O.I se réorganisèrent sous la direction de responsables aguerris dans leur pays d’origine et dans la majorité émanait des rangs  du parti communiste. La M.O.I. entreprit sans tarder la lutte contre l’occupant. Ce fut d’abord une intensification des combats politiques : aide aux victimes de la répression, fabrication de faux papiers, tirage et diffusion de tracts et journaux. Puis, les immigrés participèrent activement à la création de l’O.S. (organisation spéciale du Parti Communiste) qui permit de passer à une action plus directe contre l’occupant et les collaborateurs. Les anciens combattants des brigades internationales en Espagne ont apporté leur expérience dans la lutte. Commencèrent alors les actions contre les lignes téléphoniques et électriques, puis contre les usines travaillant pour les allemands. Bref, la M.O.I. organise systématiquement  le ralentissement et le sabotage de la production destinée à l’occupant. Enfin  ce furent les attaques contre les officiers et soldats allemands, les miliciens et les collaborateurs. En Zone Nord, le détachement Manouchian  fut l’un des plus actifs  dès 1942.

 Après le départ de Lyon des allemands, en 1940, la direction nationale a désigné un responsable de la M.O.I. pour la Zone Sud, afin d’éviter de trop de passage entre les deux zones. Et c’est en juin 1942, avant même l’occupation de la zone sud, que tous les groupes armés des diverses sections de la M.O.I. furent regroupés dans les F.T.P.-M.O.I. . Sous le commandement de l’état-major général F.T.P. F, Avec des commandements interrégionaux et régionaux comprenant à tous les échelons : un Commandant militaire, un Commandant politique  (Commissaire aux effectifs) et un Commandant technique. Les mutations des cadres étaient fréquentes ; il s’avère impossible de les citer tous.

Comme tous ces groupes, CARMAGNOLE-LIBERTE (connu aussi à Grenoble sous le nom de 5e bataillon F.T.P.-M.O.I.), bien que faisant partie Des F.T.P. F, bénéficiait d’un commandement autonome F.T.P.-M.O.I. Interrégional  H I 4 (H+ Rhône, I = Isère, 4 = M.O.I.

 Les combattants étaient organisés en équipes (3 hommes), groupe (3 équipes), détachement (3 groupes), compagnies et bataillons. Ces deux dernières unités n’existèrent que plus tard, au moment où de nombreux éléments vinrent grossir nos rangs : rescapés des rafles, jeunes qui désiraient se battre pour lutter contre la férocité grandissante des allemands

1942 et la première moitié de 1943 furent terriblement difficiles : Les groupes manquaient d’armes, de munitions, d’argent, de cartes d’alimentation, de cartes d’identité, de logements clandestins. La lutte n’en fut pas moins fort active. Certes, nos morts ont été très nombreux, compte tenu de nos effectifs : ceci s’explique  -  en dépit d’une sévère vigilance et de cloisonnements rigoureux – Par les nombreuses actions effectuées par nos combattants. Beaucoup sont tombés en essayant de récupérer des armes sur des soldats allemands ou des policiers, car nous n’avons jamais bénéficié de parachutages d’armes de Londres comme d’autres groupes de Résistants.

Les actions de CARMAGNOLE et de LIBERTE Représente une partie très importante de celle effectuée à Lyon et à Grenoble.

Dès avril 1944, il est envisagé l’établissement d’un maquis dans les monts du lyonnais, Maquis connu sous le nom du maquis de la Croix- du- Ban  

 

Voir le récit de Pierre Ferra (  http://www.anacr-rhone.fr/46-creation-du-maquis.html )




Les réactions

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ODILE Le 01/03/2015 à 19:15:57

très bon article. Il faut dire également que des fresques en bronze sont posées sur le mur du musée de la Résistance à Vénissieux en hommage aux morts de Carmagnole-Liberté et l'on y voit des noms de toutes origines

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