René Carrier

Chevalier de la Légion d’Honneur

Croix de Guerre avec Palmes

Croix de Combattant Volontaire de la Résistance

René CARRIER
 

Mr René Carrier, nous a quitté le 19 août dernier à l’âge de 86 ans.

Né le 24 février 1924 à Marseille il perd très jeune ses parents.

Il passe son enfance et son adolescence dans la Drôme à Lens Lestang.

En 1942, il réside chez son oncle à Vénissieux et occupe un emploi aux usines Saint-Gobain à Saint-Fons.

Après avoir appris l’existence de maquis dans la région lyonnaise et fait part de son souhait de rejoindre l’un d’eux, il est mis en rapport avec Mr Atger, électricien à Vénissieux.

Avant de prendre une décision celui-ci prend des renseignements sur René qui se révèlent très élogieux.

En1943, il est exfiltré vers le Camp Desthieux et accueillit par Mr Claudius Carton dans sa ferme du Torrenchin à Saint-Forgeux (69).

Aussitôt dirigé vers le commandant du camp Roger Chavanet, René Carrier obtient toute la confiance de l’état major et c’est sous le nom de guerre de « Napoléon » qu’il intègre officiellement les Maquis de l’Azergues.

Promu chef de détachement, meneur d’hommes, il prit part à de nombreuses actions et participa aux combats pour la libération de Lyon en qualité de lieutenant F.F.I.

Volontaire pour combattre en Extrême-Orient, il est prêt à embarquer quand survient la capitulation du Japon. Son unité est alors dirigée sur l’Indochine où il servira jusqu’à fin 1947.


A son retour à la vie civile il s’intéresse à la politique, et est élu sur la liste de Jean Peyri, maire de Vaulx-en-Velin, en mai 1953.

Premier Adjoint, il devient Maire suite au décès de Jean Peyri le 19 juin 1953.

Après 13 années de mandat et de nombreuses réalisations majeures effectuées dans sa commune, il démissionna de ses fonctions en juin 1966.

Très bon orateur et homme cultivé, il présida avec beaucoup d’intégrité notre Amicale pendant de nombreuses années.


Témoignage de René CARRIER, 

 

« Pour répondre à une question que m’est souvent posée, je veux vous préciser que j’avais 16 ans en 1940 et que j’étais mortifié de voir les soldats allemands se comporter en conquérants dans nos rues, qui souvent faisaient descendre les Français des trottoirs  et se montraient grossiers à l’égard de nos jeunes filles.

 

               Et dès que j’ai entendu parler de la création des maquis, je n’avais qu’une idée, c’était de participer à la Résistance.

 

               Mais l’on n’entrait pas dans un maquis sans justifier de certaines garanties. Il m’a donc fallu un certain temps pour trouver la filière et c’est le 19 novembre 1943 que j’ai été recruté dans un maquis cantonné dans la vallée d’Azergues : le camp DESTHIEUX.

 

               Si les quelques officiers de carrière qui ont servi la Résistance ont plutôt créé de grandes formations comme le Vercors et les Glières, les maquis ont été plus souvent de petites unités formées par des amis quelquefois politiques, voire des patriotes qui se regroupaient et avaient compris que la lutte qui se déroulait dans nos villes devait s’étendre à l’ensemble du territoire.

 

               Il fallait bien entendu que les jeunes qui se trouvaient contraints d’aller travailler en Allemagne puissent échapper à une telle servitude.

 

               Créer un maquis impliquait qu’il soit cantonné là où il pouvait porter des coups à l’ennemi, notamment à ses moyens de communication.

 

               Le premier maquis FTPF de l’Azergues a été créé en mars 1943 par trois patriotes : Jean ALIGNE, Antoine FONLUPT et Georges THEVENON dans la région de Claveisolles. Il réalisera bientôt des destructions de voies ferrées jusque dans la région de la Clayette en Saône et Loire.

 

               Mais ce camp grandit en effectif. En août, il dépassera 100 membres et devient donc difficile à gérer. Et le 11 décembre, ses cantonnements seront encerclés par les Allemands.

 

               Mais si quelques erreurs de gestion ont été commises, les dirigeants du camp ont eu la sagesse de créer des liens étroits avec la population et d’établir des contacts amicaux avec les gendarmes de Lamupes et ils seront prévenus de cette attaque à laquelle ils échapperont.

 

               Mais les effectifs du camp seront à ce moment là dispersés, certains de ses membres rejoindront les groupes de ville à Lyon ou d’autres unités.

 

               Le 12 octobre 1943 sera créé sur le territoire de Chamelet un second maquis FTPF qui portera le nom d’un héros de la Résistance, fusillé le 27 mai 1943 à Dijon, André DESTHIEUX.

 

               C’est à partir du camp Desthieux qui vont se développer les maquis de l’Azergues sous le commandement de son fondateur, notre camarade Roger CHAVANET, qui grièvement blessé au combat allait interrompre ses activités résistantes le 22 avril 1944.

 

               Roger CHAVANET exerçait des responsabilités dans les groupes de ville de Lyon et dépendait de l’autorité de Marcel CLOUET, lequel était un grand mutilé de la drôle de guerre qui allait être massacré pus tard. Il approuve la décision prise par R. CHAVANET de créer un maquis dans la vallée d’Azergues.

 

               Il ne s’agissait pas en effet de regrouper des maquisards dans de lointaines montagnes, loin des garnisons et voies  de communication de l’ennemi, mais bien plutôt d’implanter de petits groupes de maquisards mobiles, capables de se rassembler pour effectuer une action déterminée et de se disséminer après coup dans la nature.

 

               La nature de notre combat, sorte de guérilla, fut en rapport avec les moyens dont nous disposions face à un ennemi soutenu par des forces répressives considérables, disposant d’un armement bien supérieur au notre et rompu à l’art de la guerre. L’attaquer de front était suicidaire. Il fallait donc frapper là où il était le plus vulnérable.

 

               Créer un maquis n’allait pas sans difficulté car l’on était alors dépourvu de tout moyen logistique. Il fallait donc faire de longs déplacements pédestres.

 

               Nous avons donc au début obtenu le concours d’agriculteurs qui ont transporté notre matériel avec leurs attelages (bœufs et chevaux).

 

               Nous avons ensuite réquisitionné une traction avant (dont le propriétaire était un industriel collaborateur) laquelle permettait à nos cadres de faire certains déplacements et aussi de nous rendre la nuit chez les boulangers qui nous approvisionnaient en pains.

 

               Nous avons en outre récupérer, avec la complicité de pompiers locaux, une fourgonnette qui nous permettait de transporter 15 hommes pour effectuer notamment des déraillements ferroviaires.

 

               Mais nous étions toujours contraints à de longs déplacements pédestres.

 

               Et puis, progressivement, la population s’étant rendu compte que nous n’étions pas des aventuriers, mais des patriotes responsables, nous allions bénéficier de l’aide d’un certain nombre de commerçants et agriculteurs.

 

               Nous avons donc évoqué à différentes reprises, ainsi que nous le devions, ce que nous avons appelé les grandes familles de la Résistance de la vallée d’Azergues et des monts de Tarare. Ce que nous appelons les grandes familles de la Résistance, ce sont ces hommes et ces femmes, les épouses ayant dans ce cas des mérites tout à fait comparables à ceux de leurs époux qui ont mis à notre disposition leur ferme ou leur établissement comme refuge et nous ont procuré le ravitaillement dont nous avions besoin.

 

               Nos camarades m’ont demandé avec raison d’évoquer le souvenir de ces patriotes dont le rôle a été de premier plan et qui n’ont pas toujours fait l’objet de la reconnaissance qu’ils méritent.

 

               Concernant la vallée d’Azergues, nous avons le devoir d’évoquer Mr et Mme GOUTILLE, parents de 6 enfants.

 

               Mr GOUTILLE et son épouse acceptèrent que nous cantonnions en mai 1944 dans une partie de la ferme qu’ils exploitaient à Claveisolles et dans laquelle ils vivaient avec toutes les conséquences qui pouvaient en résulter.

 

               Un détachement resta sur les lieux jusqu’à la libération.

               Lucie et Arsène DUVERNAY, parents de 3 fillettes, exploitaient l’hôtel du Gravier, sis à Saint Nizier d’Azergues. Ils mirent à notre disposition leurs hangars et remises pour abriter notre matériel ainsi que de l’armement et ils nous accueillirent de jour et surtout de nuit dans leur auberge avec la collaboration de leur fille aînée Renée. Ils hébergèrent et procurèrent de la nourriture à des personnes en difficulté ou désireuses de rejoindre nos formations.

 

               Paul LAFFAY gérait avec son épouse l’auberge du Pont de Longeval, à Saint Just d’Avray. Celle-ci était ouverte aux résistants avec tous les risques encourus. Paul était en outre un petit entrepreneur de travaux publics qui mit à notre disposition, lorsque notre parc automobile était trop réduit, ses véhicules qu’il conduisait pour effectuer des transports d’hommes, de matériel et d’armement du point où ils étaient entreposés jusqu’au lieu de nos cantonnements. Paul LAFFAY allait prendre part aux combats pour la libération de Lyon.

 

               Mr DUPERRON, épicier en gros, a assuré tout au long de cette période avec sa fille et son gendre Mr et Mme MOREAU, notre ravitaillement en produits d’épicerie et de légumes. Ajoutons que Georges MOREAU, qui sillonnait les roues avec son camion de laitier, était informé de tous les bruits et rumeurs qui étaient colportés et qu’il était donc pour nous un précieux agent de renseignements.

 

               Il convient également de rappeler que nos amis DUPERRON et MOREAU assurèrent avec leurs véhicules personnels des transports dont nous avions besoin.

 

               Louis CHAUT, boulanger à Letra, et Albert LAFFAY, boulanger à Chamelet, nous ont tout au long de cette période clandestine approvisionné en pain, que nous récupérions la nuit avec tous les risques que cela comportait.

 

               Dans les monts de Tarare que nous avons rejoint, harcelés que nous étions par un ennemi qui mettait tout en œuvre en vue de nous localiser, nous n’avons évidemment pas cessé de neutraliser la ligne de chemin de fer Lyon Paray Le Monial, et avons également bénéficié de l’aide de patriotes résolus.

 

               Claudius CARTON, agriculteur, vit avec sa famille dans le hameau de Goutaye à Villechenève. Claudius a 5 enfants dont 2 solides adolescents. Jeanne, sa fille aînée, est aujourd’hui membre de la direction de notre amicale. Le patriotisme de Claudius et de son épouse Marie et sans faille. C’est ainsi qu’il établit des liens avec les maquisards du camp Desthieux qui effectuent des abattages de bovins dans les bâtiments de sa ferme et que des liaisons solides se nouent entre eux et que plusieurs volontaires seront accueillis et conduits au maquis. Mais l’ennemi rôde et bientôt la ferme est envahie par les Allemands. Ceux-ci possèdent des renseignements concernant l’accès au camp mais Claudius CARTON donne des instructions à son fils en utilisant le patois et celui-ci n’oriente évidemment pas l’ennemi dans la bonne direction. La ferme est pillée et les membres de la famille molestés. Seul, cependant, Claudius sera déporté à Mathahausen. Nous le retrouverons à la libération : il pesait 32 kgs.

 

               Les époux DUPERRAY exploitaient l’auberge isolée de la Croix de Signy sise sur le territoire de la commune de Villechenève. Cette auberge était également ouverte aux maquisards et les dépendances de cette ferme-auberge comportant de grands hangars serviront d’entrepôts pour notre matériel et notre armement jusqu’à la libération.

 

               Mr et Mme MICHEL sont les fermiers qui exploitaient le domaine du château de Villette à Villechenève dans les dépendances duquel nous entreposions du matériel ainsi que les véhicules de notre modeste parc automobile. Cette famille comptait 3 enfants adolescents dont une fille. Ils se sont mis à notre service et ont effectué de nombreuses liaisons ainsi que des transports d’armes et de matériel.

 

               Je veux enfin rappeler les mérites du prêtre de Montchal, lequel, inquiet tout d’abord de l’implantation de notre camp sur le territoire de son village, a cherché le contact avec nous afin de savoir à qui il avait affaire. Il l’a donc appris et nous a exprimé sa sympathie et son soutien. Si bien que lors du combat du 19 mars où nous avons eu 5 morts et 5 prisonniers, il s’est opposé aux autorités vichystes qui voulaient jeter nos morts dans une fosse commune, en exigeant qu’ils soient inhumés décemment, par conséquent placés dans un cercueil, ce qui fut fait.

 

               En conclusion sur ce point, nous devons observer que si les résistants exposaient leur vie, les patriotes que je viens de citer, exposaient celle de tous les membres de leur famille.

 

               Il en fallait en effet du courage pour mener de pair une activité professionnelle en même temps qu’une activité clandestine.

 

               Nous saluons donc avec déférence ceux qui vivent encore et nous nous inclinons avec respect devant la mémoire de ceux qui nous ont quittés.

 

               Nous constatons donc que notre maquis est apprécié par la majorité de la population, même si tous ne le montrent pas et restent silencieux.

 

               C’est ainsi que dès le début du mois de juin, la vallée d’Azergues est libre. L’ennemi ne pénètre plus dans celle-ci.

 

               Le camp Desthieux est devenu une force structurée et active. Il a constitué 3 compagnies et formé un bataillon, le bataillon 14 juillet.

 

               Le chef de cette formation est Marcel CHADEBECK qui nous a quittés voici quelques semaines.

 

               Le responsable des opérations militaires est Georges HOERDT.

 

               Nous ne sommes plus dans la phase de la clandestinité, où la Résistance doit être organisée en petites unités, mais nous atteignons la phase de l’insurrection nationale.

 

               C’est à la fin du mois de mai que s’implante dans le Sud de la vallée, sous le contrôle et avec l’aide des forces en place, un maquis placés sous le contrôle des rescapés de l’état major FTPF de la zone Sud qui a été démantelé à la suite d’une dénonciation perdant des dirigeants éminents comme Georges LYVET, Francisque JOMARD, Charles VAUBAN et Marcel CLOUET qui ont été arrêtés, torturés et massacrés. Les rescapés ont donc reçu l’ordre de créer un nouveau maquis dans l’Azergues, étant précisé que celui-ci serait aidé et soutenu par les forces en place, solidement structurées, étroitement liées à la population, disposant d’un réseau de fournisseurs, d’un réseau de renseignements.

 

               Et nos camarades ont rapidement créé à leur tour une compagnie puis un second bataillon, le bataillon 89.

 

               Nos effectifs seront naturellement alimentés par les volontaires de la vallée et les jeunes échappant au STO.

 

               La vallée étant libre, il incombe à la Résistance d’administrer la population et par conséquent d’assurer son ravitaillement. D’où la création de ce qu’il a été convenu d’appeler le congrès de Chamelet où se sont trouvés réunis avec les responsables de la Résistance, les représentants des autorités locales dont l’attitude n’avait pas été déshonorante.

 

               Ce congrès a eu notamment pour mission de fixer les prix de denrées alimentaires qui eurent cours jusqu’à la libération et pour certains plus tard.

 

               Pour répondre à la préoccupation de certains de nos amis, je dirai qu’aucune autre formation que la nôtre ne s’est organisée dans la vallée. Il existait deux groupes de l’Armée Secrète à Lamure et à Grandris avec lesquels nous avons entretenu les meilleurs rapports et qui se sont fondus parmi les groupes de résistants sédentaires.

 

               Ce sont donc les bataillons 14 juillet et 89 qui, sous le commandement du colonel LEPETIT (André TOURNE qui allait être grièvement blessé) puis de son successeur Raymond PERINETTI (le colonel BRUN), allaient descendre sur Lyon pour prendre part à sa libération.

 

               Mais l’enthousiasme populaire était alors tel que de nombreux jeunes souhaitaient rejoindre nos rangs si bien que nos représentants ont été en mesure de constituer le premier régiment FFI du Rhône.

 

               Le parcours du camp Desthieux n’est donc pas sans intérêt. Le petit maquis de 40 hommes grandit, libère la vallée d’Azergues et crée à la libération un régiment FFI.

 

               Peut-être puis-je maintenant dire quelques mots concernant les opérations armées.

 

               Je préciserai que le combat de Montchal nous opposait à deux compagnies de GMR comportant chacune 3 groupes de combat et par conséquent pourvues de 6 fusils mitrailleurs. Elles ont donc entrainé pour nous des pertes, mais en ont elles-mêmes subies.

 

               Les GMR ne sont pas parvenus à déloger le 2ème groupe que commandait Georges HOERDT et qui disposait d’un fusil mitrailleur et d’une mitrailleuse Hotokis de la guerre de 14 qui leur ont interdit toute approche.

 

               L’ennemi a alors obtenu ???? 2 mortiers de 81 et a bombardé la vieille ferme qui abritait nos camarades. Mais pour ce faire, il a dû desserrer son étreinte craignant d’être victime lui-même de ces ????

 

               Et c’est ce que nos camarades n’ont pas manqué de voir et de comprendre que le moment était venu de tenter une sortie, qu’ils réussirent sans perte.

 

               J’ajoute que nos camarades ont provoqué également des pertes chez l’ennemi, plusieurs d’entre eux ayant vu tomber des adversaires et la population ayant constaté l’intervention de plusieurs ambulances.

 

               Mais nous n’obtiendrons aucune confirmation étant donné que les forces de Vichy n’avouaient jamais les pertes qu’elles subissaient dans leurs combats contre la Résistance.

 

               Dans la période qui a suivi, nous n’avons pas eu à subir des combats opposant de gros effectifs. Nous avons eu de nombreux accrochages avec de petites unités Vichystes qui se sont avérés meurtriers pour nos adversaires, GMK et gendarmes car ces derniers n’ont pas toujours eu l’attitude des gendarmes de Lamures, mais ont servi Vichy avec zèle.

 

               En approchant de juin, nous avons eu des accrochages de plus en plus importants. Est-il nécessaire de les évoquer ?

 

               Le 22 juin aux Ponts Tarrets, nous nous heurtons à quelques dizaines d’Allemands qui détruisent notre véhicule, une camionnette Citroën, mais doivent abandonner les lieux si vite que nous n’avons pu les poursuivre.

 

               Le 24 juin toujours aux Ponts Tarrets, nous nous heurtons à des Allemands transportés par deux camions qui pour se protéger doivent se réfugier dans la gare de Légny.

 

               Arrive malheureusement un train de voyageurs qu’ils prennent en otage ce qui nous interdit de tirer. Nous continuons bien sûr d’encercler les lieux et à la nuit ces Allemands s’estimant en sécurité, libèrent le train de voyageurs et se préparent à quitter les lieux. Nous mitraillons leurs véhicules. Le propriétaire du restaurant qui jouxtait la gare et qui avait été envahi par les Allemands, nous a déclarés avoir vu 23 corps allongés sur les tables de son établissement.

 

               Le 2 juillet, les unités du bataillon 14 juillet accompagnent au cimetière Saint Joseph en Beaujolais le corps du FTP OLLAGNIER tué à Belleville sur Saône. A Beaujeu, leurs véhicules subissent le tir de mitrailleuses allemandes installées sur un train en stationnement. La riposte se déclenche et l’ennemi pris entre le feu croisé de 6 fusils mitrailleurs, met le train en route et disparaît.

 

               Le 1er aout, un fort contingent de miliciens attaque un petit maquis à Saint Vincent de Reims (limite de la Saône et Loire). Le bataillon 14 juillet combinant son action avec les corps francs de Saône et Loire, intervient et bien que des renforts allemands aient rejoint les miliciens, ils seront mis en déroute.

 

               Le 9 août, nous bénéficions d’un parachutage au lieu-dit Casse Froide au Nord de la vallée. Je le précise car c’est bien là le seul parachutage dont nous avons pu bénéficier.

 

               Le 11 août, au Pont des Sansons sur le territoire de la commune de Quincié, nous attaquons un convoi allemand équipé de blindés : 4 officiers et 19 soldats allemands sont tués.

 

LIBERATION DE LYON

 

               Concernant les combats pour la libération de Lyon, une de nos colonnes qui n’était pas la plus importante, pénétra à Lyon en entrant à Tassin la demi-lune pour atteindre la gare de Vaise. Nous avons été alors exposés aux tirs de miliciens juchés sur les toits.  Mais devant notre riposte énergique, cet accrochage ne dura pas.

 

               Je faisais, en ce qui me concerne, partie de cette colonne.

 

               La libération d’Oullins a été obtenue par les unités des maquis de l’Azergues et quelques unités de l’Armée Secrète de la Loire.

 

               Les combats se sont avérés rudes. Nos unités ont eu des pertes mais celles des Allemands ont été plus importantes.

 

               Nos unités ont fait des prisonniers qui ont été enfermés au fort d’Irigny.

 

               Le 31 août, nos unités ont réoccupés Oullins qu’elles avaient dû abandonner partiellement, obligeant les colonnes allemandes en retraite à suivre un autre itinéraire pour éviter Lyon.

 

               Je veux, pour conclure, rappeler que si tous les jeunes n’ont pas participé à la Résistance, nombreux sont ceux qui l’ont rejointe.

 

               Il importe de savoir que la Résistance était composée dans sa grande majorité de jeunes de 20 à 25 ans.

 

               Bien sûr, des camarades plus âgés et pères de famille quelquefois, ont été dans ses rangs et l’ont encadrée.

 

               Lorsque nous étions 36, nous comptions Roger CHAVANET, 29 ans, père d’une fillette et créateur du camp.

 

               Louis FARJAS, 35 ans, chargé de l’intendance.

 

               Jean-Louis BERTRAND, 30 ans, ancien d’Espagne, père de 2 fillettes, mort à Montchal.

 

               Joseph VILAY, 42 ans, mort à Montchal, ce qui signifie que 34 d’entre eux n’avaient pas dépassé 25 ans.

 

               Et je suis sincèrement persuadé que dans une situation similaire, notre jeunesse actuelle ne serait pas inférieure à ses aînés.

 

               Et je me réjouis, par conséquent, vivement de voir ce soir dans cette assemblée, de nombreux jeunes.

 

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