editorial de Louis Cortot

UN DEVOIR ET UN BESOIN
par Louis Cortot, Compagnon de la Libération

L 'Année 2013 aura été celle du 70" anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance le 27 mai 1943, sous la présidence de Jean Moulin. A l'instar des Présidents François Mitterrand en 1993. pour le 50" anniversaire, et Jacques Chirac en 2003, pour le 60" anniversaire. le Présldent François Hollande a tenu à donner un relief particulier à cette commémoration décennale, y associant symboliquement les élèves du Lycée Buffon de Pansen allant accompagné de plusieurs Résistants éminents à leur rencontre dans leur établissement, où cinq de leurs condisciples d 'alors donnèrent en 1943 leur vie pour la liberté.
M ais cette année anniversaire décennale 2013 n'aura pas été qu'une répétition plus soutenue mais restant ponctuelle de l'hommage qu'avec d'autres associations et avec I'UFAC. avec nombre de municipalités et collectivités locales et régionales, notre Association, I'ANACR. rend chaque année le 27 mai à Jean Moulin, au CNR, et aux Résistantes et aux Résistants, dont nombre tombèrent dans les combats pour redonner à la France son indépendance, y restaurer la démocratie et abattre le fascisme et le nazisme.
 E n effet, depuis les votes unanimes du 28 mars au Sénat et du 9 juillet à l'Assemblée nationale, la date du 27 mai est- après la promulgation le 19 juillet par le Président de la République de la loi l'instaurant -devenue la «Journée Nationale de la Résistance•. Désormais, chaque année, dans tous les départements de France, conformément aux dispositions de la loi, une commémoration officielle devra avoir lieu et les enseignants des établissements du secondaire seront invités ce jour-là à parler à leurs élèves de la Résistance, de ses combats, de ses valeurs, de ce contre quoi ils luttèrent, le fascisme.
 R endre hommage devant les monuments aux Morts. à la Résistance et à la Déportation à celles et ceux qui firent, par leur engagement volontaire dans la Résistance, le sacrifice de leur vie durant cette période tragique de l'histoire de notre pays, à celles et ceux de leurs camarades de combat disparus depuis, ainsi qu'à celles et ceux toujours présents parmi nous, est un devoir qu' il importe de pérenniser. Et il faudra être attentif à ce qu'il soit rempli dans l'espace public - en y associant la population et les Associations- dans le plus grand nombre possible de localités, en premier lieu les préfectures, souspréfectures et grandes villes, mais aussi au-delà.
M ais, tout aussi important est de répondre au besoin de mémoire de notre société, en premier lieu des jeunes générations mais pas que d 'elles
car, les décennies s'ajoutant aux décennies, s'éclaircissent non seulement
les rangs de celles et ceux qui s'engagèrent dans la Résistance, dans les Français Ubres et l'Armée française reconstituée à la Libération mais aussi de ceux qui, même enfants, ont simplement connu la période de l'Occupation et de la Libération. La mémoire directe s'estompe. Celle des combats de la Résistance mais aussi celle de ce qu'ont été dans leur réalité concrète le fascisme et le nazisme, leur marche et accession au pouvoir, la monstruosité des crimes qu'ils commirent quand ils y furent, de ce qu'ont été dans notre pays occupé les complicités qu'ils trouvèrent.

C ette méconnaissance de ce passé qui s'est peu à peu installée, et qui n'est pas propre à la France, est, avec la grave crise économique, sociale, morale et des institutions politiques, sans nul doute un des facteurs majeurs de la résurgence que l'on ne peut que constater dans toute l'Europe, du Nord au sud, de l'Est à l'Ouest des idéologies ultranationalistes, xénophobes, racistes, et antidémocratiques, qui diffusent hélas au-delà des clones contemporains des formations fascistes d'il y a trois quarts de siècle, et leur audience grandissante.

L a loi instaurant la Journée Nationale de la Résistance a fort justement invité les enseignants à s'investir dans cette transmission des valeurs de la Résistance, du sens profond de son combat patriotique, démocratique, antifasciste. Mais cette transmission, des plus utiles, nécessaire , indispensable, ne saurait être confinée dans le seul cadre scolaire. Par des conférences, expositions, festivals du film sur la Résistance, parcours de mémoire, publications,elle doit s'adresser à l'ensemble de la population pour combattre en sein, par la diffusion d'une connaissance authentique de la réalité historique, la bête immonde» toujours menaçante.

 

Editorial du Journal de la Résistane "France d'Abord"


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